a défendu mardi devant la justice le projet de cession des actifs du constructeur automobile en faillite au "Nouveau GM" voulu par le gouvernement Obama en le présentant comme crucial pour la survie du groupe. Si la vente n'est pas approuvée d'ici le 10 juillet et que GM perd accès aux financements publics, le groupe sera contraint de se mettre en liquidation judiciaire, a indiqué Fritz Henderson au premier jour de l'audience devant le juge des faillites.
GM a déposé son bilan le 1er juin.
"Les affaires vont mieux", a déclaré Fritz Henderson, parce que les clients, les fournisseurs, les salariés et d'autres anticipent une issue positive.
Il a ajouté que l'ex-numéro un mondial de l'automobile avait pensé un moment pouvoir rembourser les prêts publics obtenus et se restructurer sans avoir à déposer son bilan.
Il a toutefois reconnu que si les ventes de juin étaient moins mauvaises que prévu, elles restaient néanmoins en baisse; "Nous ne pensons pas gagner d'argent en juin 2009", a-t-il déclaré.
Une des raisons qui expliquent l'amélioration du climat est la cession rapide des actifs de Chrysler à un nouveau groupe animé par l'italien Fiat , a indique Fritz Henderson.
Le directeur général a aussi évoqué l'éviction de son prédécesseur Rick Wagoner. Il a affirmé que Wagoner lui avait dit qu'il avait été prié de démissionner par Steve Rattner, le responsable du groupe de travail sur l'automobile de l'équipe Obama.
L'audience devrait se poursuivre pendant au moins deux jours. General Motors va devoir répondre notamment aux questions de ses créanciers et d'un groupe dissident de porteurs d'obligations.
Si l'opération est approuvée par le juge Robert Gerber, GM pourra vendre ses meilleurs actifs, à savoir Chevrolet et Cadillac, au "Nouveau GM", selon l'article 363 du code des faillites, tandis que le Trésor américain fournira des financements se chiffrant en milliards de dollars.
Les anciens actifs de GM non apportés à la nouvelle structure seront liquidés.
Le capital du nouveau GM sera détenu à hauteur de 60% par l'Etat fédéral moyennant un investissement de 50 milliards de dollars, à 12% par l'Etat canadien, à 17,5% par le syndicat UAW (United Auto Workers) et à 10% par les porteurs d'obligations.
Selon GM, ces derniers soutiennent l'opération de sauvetage présentée au juge à plus de 50%.
Les fonds propres du "Nouveau GM" devraient valoir entre 38 et 48 milliards de dollars, a indiqué à l'audience le cabinet Evercore, un des conseils de GM.
(Version française Danielle Rouquié)