Les ventes de véhicules neufs fonctionnant au GPL (gaz de pétrole liquéfié) ont été multipliées par 4,5 en France sur les neuf premiers mois de l'année par rapport à 2008, grâce à l'amélioration de l'offre des constructeurs, a déclaré mardi un représentant du secteur. Les immatriculations de véhicules GPL neufs ont atteint près de 11.400 unités à fin septembre contre 2.500 en 2008.
Le GPL, composé d'un mélange de butane et de propane, peut être utilisé dans des véhicules dédiés ou par transformation d'un véhicule essence. Il est considéré comme un carburant plus écologique que l'essence ou le diesel, son utilisation entraînant moins d'émission de dioxyde de carbone (CO2).
"Cela fait 10 ans que l'on avait pas connu ce niveau de ventes de véhicules GPL", a dit Joël Pedessac, directeur général du Comité français du butane et du propane (CFBP).
Le nombre de véhicules transformés pour pouvoir rouler au GPL a, pour sa part, diminué de 46% à 1.412 adaptations à fin août contre 2.635 à la même époque en 2008.
Cette situation s'explique par le retour des constructeurs sur le marché du GPL avec l'arrivée de nouveaux modèles éligibles au bonus écologique (Chevrolet, Dacia, Renault, Opel), a dit Joël Pedessac lors d'une conférence de presse.
Un bonus écologique de 2.000 euros a été instauré en 2008, et sera maintenu en 2010 pour l'achat d'un véhicule GPL neuf ou pour la transformation d'un véhicule existant sous certaines conditions d'émission de CO2.
L'effet de la prime à la casse sur le parc en circulation en 2009 n'est cependant pas encore connu, a souligné Joël Pedessac.
"Malgré la taxe carbone (...), le GPL restera le carburant le plus économique en 2010", a-t-il déclaré.
Le coût de la "taxe carbone", un nouvel impôt sur les énergies et certains modes de transport polluants serait - taxe sur la valeur ajoutée (TVA) incluse - de 4,92 centimes d'euros par litre d'essence et de 5,41 centimes pour le gazole si l'on retient 17 euros le prix de la tonne de CO2.
Pour le GPL, la taxe carbone ne serait que de 3,5 centimes d'euros, a fait savoir le représentant de la filière GPL.
Le GPL est le carburant le moins cher à la pompe en raison d'un faible niveau de taxation et de sa faible sensibilité au cours du pétrole brut, a rappelé le Comité.
Le parc de véhicules GPL a reculé régulièrement depuis 2001, après le pic de 1998 de 53.000 véhicules neufs et transformés en raison notamment d'un changement sur la réglementation des réservoirs, a expliqué le CFBP.
Actuellement, 1.850 stations-services permettent de s'approvisionner en GPL en France, ce qui, selon le CFBP, permettrait d'approvisionner 1,5 million de véhicules. La France compte aussi quelque 150 installateurs "actifs" agréés. (Mathilde Cru, édité par Yves Clarisse)