Le tribunal de commerce de Niort rendra le 8 juillet sa décision sur l'offre de reprise de l'équipementier automobile Heuliez par le groupe Bernard Krief Consulting. Heuliez, qui emploie 1.074 personnes à Cerizay (Deux-Sèvres), a été placée en redressement judiciaire le 15 avril.
L'offre de Bernard Krief Consulting (BKC), seul candidat à la reprise après le retrait la semaine dernière de France Industrie Participations, prévoit le maintien de 600 emplois.
"Nous sommes confiants. Notre proposition prévoit la reprise de 600 salariés pour atteindre 800 à 900 en trois ans », a déclaré Louis Petiet, président de BKC, à la sortie de l'audience qui a duré environ deux heures.
Il a précisé à la presse que le plan de reprise pourrait atteindre de 50 à 80 millions d'euros - dont pour les fonds propres 16 millions d'euros apportés par BKC avec des partenaires émiratis et dix à 20 millions d'euros d'investissements asiatiques, notamment chinois.
L'Etat s'est déjà engagé à apporter dix millions d'euros au titre du Fonds stratégique d'investissement (FSI), la Région Poitou-Charentes, cinq millions d'euros.
Le reste est constitué d'emprunts pour le financement de l'exploitation.
Louis Petiet voit dans le mariage entre Heuliez et BKC « l'atout du local et du mondial » et a tenu à souligner que le groupe était très implanté en Europe et en France.
« J'ai 12 usines en Europe, j'en ai 11 en France et j'en ai une seule dans un pays 'low-cost' en Europe de l'Est », a-t-il dit.
L'usine familiale Heuliez, fondée en 1920, s'est tournée vers la voiture 100% électrique, la "Friendly", dont les premiers prototypes doivent sortir en avril 2010. D'ici là, Heuliez manquait de liquidités pour préparer ce qui devait devenir son produit phare.
"IL VAUT MIEUX TENIR"
"Tout le monde sait que le véhicule électrique est l'avenir dans les pays développés », a souligné Louis Petiet qui a vanté les qualités de l'entreprise qu'il veut racheter.
« L'outil est magnifique, les lignes sont parfaitement tenues, les ateliers sont superbes, la motivation des salariés est remarquable. On a un personnel qui aime son entreprise et croit en son outil de travail. C'est un fleuron industriel », a-t-il dit.
Le président de BKC a souligné que cette offre s'est faite dans un contexte où « il y a eu un très large consensus pour sauver Heuliez ».
Jeudi, une centaine de salariés avait fait le déplacement à Niort.
La CFDT et la CGC ont manifesté dans les rues de la ville jusque devant le tribunal derrière une banderole « 600 emplois sauvés, aides aux licenciés » et avec une croix noire portée par une ancienne calèche, symbole de la mort de 400 emplois.
Pour Emile Bregeon, délégué CFDT, syndicat majoritaire, « on avait un mur face à nous, on a un repreneur qui nous empêche d'entrer dans le mur même si des gens restent sur le carreau. On lui demande de mettre l'argent, de trouver le chiffre d'affaires et surtout d'accompagner les salariés licenciés ».
«De toute façon on n'avait qu'un repreneur. Il vaut mieux tenir que voir venir », a-t-il dit.
Heuliez a produit 450.000 véhicules depuis 1985, dont des cabriolets pour Renault et Peugeot. Au début de l'année, il lui manquait 45 millions d'euros pour pouvoir poursuivre son activité.
(édité par Sophie Louet)