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"Face à la crise, le secteur mise sur l'innovation" |
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Interview publiée le 02/04/2009, par Agnès Delavault /Autorecrute.com |
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Si le secteur automobile semble aujourd'hui particulièrement touché par la crise, il reste néanmoins de quoi garder espoir. Charles Maitenaz, directeur de la division Ingénieurs et techniciens du cabinet Michael Page, constate que les entreprises entament un repositionnement stratégique intéressant. |
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Quelle est la situation du recrutement dans le secteur automobile en cette période de crise ?
Le secteur automobile est aujourd'hui l'un des secteurs très éprouvés par la crise économique, au niveau national et international. Sur les profils techniques, ingénieurs et techniciens, on constate un certain ralentissement des demandes. Dans les périodes difficiles comme actuellement, le recrutement concerne surtout des remplacements de postes et beaucoup moins des renforcements d'équipes.
Néanmoins, nous avons toujours des demandes pour des postes dans les domaines du service après vente, de la maintenance, pour des postes de formateurs en maintenance par exemple. On observe également un certain repositionnement stratégique en direction de la recherche et du développement. Pour preuve, les postes en R&D ne sont pas éligibles aux plans de départ volontaire mis en place par les entreprises. Celles-ci n'ont pas envie de se séparer de ceux qui peuvent leur permettre de sortir de la crise. Elles veulent conserver leurs ressources en R&D, voire les renforcer.
Y a-t-il des compétences plus demandées en recherche et développement ?
Les entreprises s'orientent vers des compétences spécifiques pour des métiers liés à l'environnement. Les départements de recherche et développement investissent dans les énergies alternatives, les énergies renouvelables. Ils travaillent sur la conception de moteurs plus propres, de moteurs hybrides.
Les constructeurs et les équipementiers vont rechercher par exemple des ingénieurs spécialisés dans des domaines très pointus pour l'intégration de solutions innovantes.
Pouvez-vous donner des exemples de postes ?
Dans le cadre d'une stratégie de recherche dans les énergies innovantes, on va pouvoir trouver des demandes pour des ingénieurs spécialistes des batteries, ou encore des profils liés à la gestion électronique comme des ingénieurs électroniciens.
Quels conseils donneriez-vous à des candidats qui recherchent un poste dans ce secteur ?
Chez Michael Page nous intervenons essentiellement pour des postes de cadres confirmés et expérimentés. Actuellement, les cadres en poste sont frileux à l'idée de changer d'entreprise, ils sont prudents face à un avenir incertain. Il y a donc pénurie sur certains postes au niveau d'expertise élevé, ou à la localisation peu attractive. Pour ces raisons, il reste des postes difficiles à pourvoir. Les candidats doivent donc faire preuve d'une certaine ouverture, accepter des missions longues en intérim, ou des contrats de prestation.
Un candidat qui possède une réelle expertise et de l'expérience sur les énergies alternatives par exemple ne doit pas hésiter à mettre ces atouts en avant, cela va retenir l'intérêt.
Il y a donc de l'espoir dans ce tableau assez sombre ?
Bien sûr et heureusement. Le secteur automobile représente 10 % des emplois en France, c'est trop important pour laisser les choses en l'état. Les pouvoirs publics, au niveau national et international, sont d'ailleurs très vigilants. De grosses mutations industrielles vont devoir être réalisées, en termes de production mais aussi en marketing, pour répondre aux attentes des consommateurs.
Cette crise est difficile, mais si elle se traduit par d'importants investissements en R&D et des technologies nouvelles, ce sera un tournant positif pour l'industrie.
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